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  • Photo du rédacteurKevin Bonneville

Sortir de l'eau - Vin sur Terrasse



Bonjour lecteurs, bonjour lectrices


Il y a longtemps que je vous ai livré un moment personnel. Ce n’est pas par manque de temps ni par manque d’envie. Je tentais de me maintenir la tête hors de l’eau. Depuis début juin, je me sens me noyer.


Je sens me noyer de temps à autre, mais la plupart du temps, je me sens arrêté par un immense lac. Dans ces cas-là, je fais le tour de cette superficie d’eau et je continue mon chemin. Ça me ralentit, mais ça ne m’arrête pas. Dernièrement, j’éprouvais un sentiment d’euphorie, de bien-être. Je ne voyais pas l’eau devant moi. Non, je me déplaçais la tête haute, avec devant moi, de l’espoir et de beaux jours. J’avais tout ce qu’il me fallait. Je n’avais maintenant qu’à cueillir le fruit de mon dur labeur.


La cueillette se résumait à sourire plus, rencontrer plus de gens, sortir de ma zone de confort et ouvrir plus de portes que je ne pouvais imaginer en ouvrir, il y a peu de temps. Ces bonnes choses m’engourdissaient tellement l’esprit que je ne me sentais pas déjà m’enfoncer dans l’eau jusqu’aux genoux.


Alors que je croyais flotter, je nageais. Mais comme je ne touchais plus terre et qu’une chaleur m’enveloppait, je ne voyais aucun danger à continuer par en avant. Une douce musique m’inondait les oreilles; je n’entendais donc pas les avertissements. Ceux qui disaient de ralentir, d’arrêter et même de reculer. Mais non! Tel un marin se dirigeant vers des chants de sirènes, je continuais vers un danger déguisé en promesse de luxe. C’est lorsque le goût du sucre dans ma bouche se changea en eaux résiduaires que je compris que j’étais en train de me noyer. J’avais beau nager vers la surface, je me sentais couler.


Devant une page blanche, je sentis ma poitrine se serrer. J’avais l’impression que mes os s’émiettaient. Je n’arrivais plus à respirer. Je ne voyais que du noir.


Dans un ultime effort, je réussis à me calmer assez pour composer le numéro d’un ami, le plus proche de moi, le plus ancien. Grâce à lui, j’ai pu remonter à la surface, reprendre quelques bouffés d’air. Ces petites bouffées d’oxygène permirent de me calmer un peu. Juste assez pour constater que je me retrouve en plein milieu d’un plan d’eau sans rive à l’horizon; à aucun des points cardinaux. Donc, très loin de me retrouver au sec.


Le peu de force que je trouvais me servait pour rester à la surface. Je n’en possédais pas assez pour me diriger dans une direction ou une autre. L’impression de voler avait laissé place à une enclume attachée à mes chevilles. Je lutte sans cesse pour ne pas couler. Pour me rendre plus léger, je me débarrasse de chose que je ne juge plus utile du tout. Certains diront qu’il s’agit d’un mauvais jugement de ma part, que, pris de panique, je me déleste de tout ce que je peux pour ne pas me ramasser au fond. Je ne leur en veux pas, ils ne se rendent pas compte que mes muscles, à force de lutter contre la gravité, me font mal. Je bouge avec moins en moins de force. Je ferme les yeux. Parfois, ne rien voir rend les choses moins douloureuses… Il me semble…


Rien ne peut nous motiver à continuer de nager lorsqu’on souffre. Les coups de jambes nous maintenant à la surface sont de moins en moins rapides et de moins en moins forts. Tout ce qu’on peut espérer pour nous sortir de cette passe est l’espoir qu’une bouée de sauvetage flotte par là et qu’il nous reste assez de force pour l’agripper. En attendant que l’objet flottant nous arrive, s’il arrive à nous un jour, nous n’entendons rien, nous ne voyons rien. Un cillement dans un décor noir comme la nuit nous accompagne. Par moment, le manque de lumière nous endort; nous fait lâcher prise. Pour certains d’entre nous, la bouée tant attendue nous cogne les mains, nous empêchant de couler. Et certains de ceux qui la touchent la saisissent à temps.


Pour ma part, j’ai réussi à m’agripper à l’une d’elles. Je ne me sens pas en sûreté pour autant, je dérive. Je reprends mes forces pour nager dans la direction que je jugerai bonne. Ce n’est pas ma première fois. Vais-je revenir à mon point de départ ou vais-je amarrer autre part pour tout recommencer, encore, d’une autre manière? Des gens me disent que c’est à moi de décider.


Pour l’instant, je n’ai pas encore assez de force pour prendre la décision. Je me laisse dériver pendant que je retrouve mes forces. Je commence à être au sec et le soleil perce les nuages.

Ça va un peu mieux.







Prenez soin de vous et n’oubliez pas :

Peu importe ce que vous lisez, lisez bien et parlez-en!

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