• Kevin Bonneville

La petite qui était à part



Je voulais en faire un simple statut Facebook, mais ça aura été peut-être trop long. J’ai été touché aujourd’hui. Seuls mes proches savent que je suis un travailleur essentiel au Centre Hospitalier Universitaire Sainte-Justine, aussi appelé l’hôpital pour enfant. Maintenant, vous êtes aussi dans la confidence. Ce n’est pas toujours facile de voir de jolies têtes blondes souffrir le martyre, quelle que soit la raison. Néanmoins, il reste que ces petits êtres sont les humains les plus courageux que j’ai pu voir dans ma vie par leur positivisme et leur bonne humeur contagieux. Pas tout le temps, bien entendu, ils ont tous des moments plus durs, mais tout de même. Ils restent exceptionnels dans la façon de s’adapter, à voir du positif.


Bref, j’exécutais mon travail lorsque dans une des salles d’attente, je vois une petite gamine, seule (sa mère devait être à la toilette) patiemment assise enfuie dans son manteau d’hiver rouge, sa tuque blanche assortie à ses bottes de neige en train de lire un livre. Ce n’est pas parce que je viens de sortir mon premier roman que cette image m’a touché. Non, pas du tout. Premièrement, c’est de voir un enfant se divertir avec un livre, préférant ça à un smartphone, qui m’a surpris et deuxièmement, l’élément le plus important, c’est que je pouvais voir par-dessus le livre, ses yeux imprimant les mots dans son esprit. La façon qu’elle avait de tourner les grosses pages, une façon maladroite due à la presse de connaitre la suite de la petite histoire et de continuer cette lecture en direction de la salle 1, trop prise par la narration.


Franchement, c’est rassurant de voir qu’il y a de jeunes humains s’intéressant aux livres brochés comme passe-temps. Il fallait peut-être être là, mais c’était beau de voir ça.

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