• Kevin Bonneville

La déprime post-projet - Vin sur Terrasse


La dépression post-projet. Voilà un sujet intéressant qui mérite de se faire connaître.


Quand un roman est terminé, on est content. L’attente chez les lecteurs trouve une fin et le devoir du sentiment accompli est comblé. Par contre, chez certains auteurs, un vide s’installe.


Je parle surtout en mon nom personnel, mais je suis convaincu que je ne suis pas seul à ressentir ce sentiment. Je dis auteur, car j’en suis un. Je suis malgré tout convaincue que ce vide frappe les artistes de tout genre.

Cela va faire presque une semaine que le « ’hourra »’ de la fin du tome 2 a été crié et depuis je ressens un certain ennui. Pas que je le regrette, loin de là, c’est qu’on se donne tellement en temps et en énergie à l’écrire et à la correction qu’une fois fait, l’adrénaline et l’excitation qui nous montait au cerveau descend tellement à une vitesse grand V que pendant un temps, tout nous paraît d’une platitude écrasante.


Au départ, je croyais que ce sentiment venait avec mon diagnostic positif à la Covid 19, mais je me suis rappelé que j’ai ressenti le même aura après le tournage de mon projet en 2007 (LE projet dont je parle dans ma vidéo des personnages d’Audrey en vrai). Ce projet-là, a mis pas loin de 10 ans avant qu’il soit prêt à être lancé et un an avant qu’il puisse se tourner. Pas 10 ans en temps plein, mais dix ans avant que L’ÉLÉMENT manquant nous saute dans la face. Donc, deux années passées pour trouver une équipe, de l’équipement, à remplir de la paperasse, faire des téléphones et échanger des courriels interminables, de déception et de bonne surprise pour, qu’au final, je ne sourisse plus pendant les deux semaines suivantes. Plus rien n’était bon, plus rien n’était drôle et parler du projet que je venais de faire ne me tentait aucunement. J’en étais quand même fier. (Et je le suis encore aujourd’hui.) Même passer à autre chose ne m’excitait pas. Pourtant la veille de la dernière journée, je ne rêvais que de ça tellement ma motivation transperçait des murs.


Bref, je ressens ce petit vide en ce moment. Le tome 2 est achevé, ce n’est pas les projets qui manquent et pourtant je ne veux rien faire. Rassurez-vous, ça va passer. Il faut prendre ça comme une pause nécessaire. Un repos imposé avant le marathon de livraison. Je me souviens d’ailleurs de cette journée lors de la sortie du tome 1. J’étais partie de Gatineau au petit matin et je suis revenue juste avant le couvre-feu.


Je divague, revenons à nos moutons. La motivation à pris une pause. Ou plutôt la force de recommencer un autre projet n’est pas encore revenue. Écrire n’est pas simple. Il faut le faire pour comprendre et pourtant ça se compare n’importe quel métier de création, j’en suis convaincue. C’est quelque chose de normal, une étape nécessaire qu’on ne parle que trop peu.


Vous en parler m’a fait du bien, au boulot maintenant!


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